{"id":11640,"date":"2026-07-20T20:02:34","date_gmt":"2026-07-20T20:02:34","guid":{"rendered":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/?p=11640"},"modified":"2026-07-20T20:08:56","modified_gmt":"2026-07-20T20:08:56","slug":"a-national-assessment-of-the-vulnerability-of-canadian-forests-to-invasive-insects","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/2026\/07\/20\/a-national-assessment-of-the-vulnerability-of-canadian-forests-to-invasive-insects\/","title":{"rendered":"Un portrait national de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des for\u00eats canadiennes aux insectes envahissants\u00a0\u00a0"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>R\u00e9sum\u00e9 de : Isabelle Aubin, Amanda Roe, Benjamin Marquis, Laura Boisvert-Marsh, John Pedlar, Sandy Erni, Benoit Hamel, Glenn Lawrence, Dan McKenney, and Taylor Scarr (2026). \u00ab Vulnerability of Canadian forests to invasive insects under climate change \u00bb, Canadian Journal of Forest Research.<\/em>\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dendroctone du pin, l'agrile du fr\u00eane, le puceron lanig\u00e8re de la pruche... la liste des insectes envahissants qui menacent les for\u00eats canadiennes s'allonge, le transport du commerce international favorisant les invasions longue-distance et les changements climatiques acc\u00e9l\u00e9rant leur progression vers le nord. Jusqu'ici, la plupart des \u00e9valuations de risque se faisaient une esp\u00e8ce \u00e0 la fois. Une \u00e9quipe de Ressources Naturelles Canada a voulu prendre du recul et produire un portrait national int\u00e9gr\u00e9 : \u00e0 quel point les for\u00eats canadiennes sont-elles vuln\u00e9rables aux insectes envahissants \u00e0 haut risque ?\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Comment l'\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est en croisant la distribution de 37 des esp\u00e8ces d\u2019arbres les plus abondantes au Canada, les niches climatiques actuelles et projet\u00e9es de 14 insectes envahissants \u00e0 haut risque et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de leur dommage que les chercheurs ont produit des cartes de vuln\u00e9rabilit\u00e9.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ce que l'\u00e9tude a trouv\u00e9\u00a0<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le portrait est frappant : 3,2 milliards de tonnes de biomasse foresti\u00e8re sont actuellement \u00e0 risque d\u2019\u00eatre expos\u00e9es \u00e0 au moins un des 14 insectes cibl\u00e9s. Ce chiffre pourrait grimper jusqu\u2019\u00e0 13,6 milliards de tonnes d'ici 20 ans selon la capacit\u00e9 de d\u00e9placement des insectes favoris\u00e9 par l'expansion vers le nord d\u2019habitats climatiques propices.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux zones n\u00e9vralgiques (\u00ab hotspots \u00bb) se d\u00e9marquent, et elles sont de nature tr\u00e8s diff\u00e9rente :&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans l'Ouest Canadien,<\/strong>le dendroctone du pin menace actuellement 804 millions de tonnes de pins hors de son aire de r\u00e9partition historique. Ici, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 vient surtout d'une seule esp\u00e8ce tr\u00e8s destructrice.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans l'est Canadien,<\/strong>plusieurs insectes menacent simultan\u00e9ment des esp\u00e8ces compagnes: les fr\u00eanes, le h\u00eatre d\u2019Am\u00e9rique et la pruche du Canada. Individuellement, chacune de ces essences repr\u00e9sente une biomasse expos\u00e9e relativement faible, mais les \u00e9pid\u00e9mies de ces ravageurs sont s\u00e9v\u00e8res et causent une mortalit\u00e9 importante. L\u2019une de leurs principales cons\u00e9quences est la r\u00e9duction de la redondance fonctionnelle des for\u00eats et d\u2019un appauvrissement de choix d\u2019essences indig\u00e8nes.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Fait notable :<\/strong> la for\u00eat bor\u00e9ale centrale demeure, pour l'instant, une zone relativement \u00e9pargn\u00e9e, en partie gr\u00e2ce \u00e0 des temp\u00e9ratures froides et des interactions antagonistes avec des insectes indig\u00e8nes. Mais le r\u00e9chauffement climatique pourrait augmenter les risques d\u2019\u00e9pid\u00e9mies d\u2019insectes dans le futur.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:21px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"968\" height=\"765\" src=\"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-03-160928-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-11528\" srcset=\"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-03-160928-1.png 968w, https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-03-160928-1-300x237.png 300w, https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-03-160928-1-768x607.png 768w, https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Capture-decran-2026-06-03-160928-1-15x12.png 15w\" sizes=\"auto, (max-width: 968px) 100vw, 968px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 2 de l'article illustrant la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la biomasse foresti\u00e8re canadienne face aux insectes envahissants. Biomasse des peuplements forestiers : (A) actuellement expos\u00e9e, (B) dont l'exposition est pr\u00e9vue pour la p\u00e9riode 2021-2040, et (C) dont l'exposition est pr\u00e9vue pour la p\u00e9riode 2021-2040, incluant la biomasse suppl\u00e9mentaire expos\u00e9e dans un sc\u00e9nario o\u00f9 le longicone asiatique (ALB) parviendrait \u00e0 s'implanter au Canada.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:21px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour les praticiens : ce qu'il faut retenir sur le terrain<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Certaines essences sont beaucoup plus \u00e0 risque que d'autres.<\/strong> L'\u00e9pinette noire est l'esp\u00e8ce la plus expos\u00e9e en volume absolu (875 Mt actuellement \u00e0 risque de type faible s\u00e9v\u00e9rit\u00e9), mais l'\u00e9pinette rouge se distingue par sa grande exposition : 95 % de sa biomasse au pays est d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9e. \u00c0 l'inverse, cinq essences de l'Ouest canadien et plusieurs genres de l'Est \u2014 \u00e9rables, peupliers, douglas, thuyas \u2014 ne sont expos\u00e9s \u00e0 aucun des 14 insectes cibl\u00e9s (en l'absence du longicorne asiatique).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un sc\u00e9nario \u00e0 surveiller de pr\u00e8s : le longicorne asiatique (ALB).<\/strong> Ce ravageur a \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9 avec succ\u00e8s \u00e0 deux reprises en Ontario, mais le risque de r\u00e9introduction demeure \u00e9lev\u00e9, les infestations actives se poursuivant aux \u00c9tats-Unis. S'il devait s'\u00e9tablir de nouveau, six essences additionnelles (\u00e9rables, bouleaux, peupliers) deviendraient vuln\u00e9rables, ajoutant 3,1 milliards de tonnes de biomasse expos\u00e9e \u2014 une hausse de 23 % de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 totale du pays. Les auteurs rappellent que les deux programmes d'\u00e9radication ont co\u00fbt\u00e9 environ 35,5 millions $ CAN au total, alors qu'une invasion non g\u00e9r\u00e9e pourrait co\u00fbter plus de 431 millions $ CAN par ann\u00e9e rien qu'en produits du bois. La d\u00e9tection pr\u00e9coce demeure de loin l'option la plus rentable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La cote de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, un outil de priorisation utile.<\/strong> L'article utilise une \u00e9chelle de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 en 6 niveaux (adapt\u00e9e de Mech et al. 2019), allant de la mortalit\u00e9 d'arbres d\u00e9j\u00e0 affaiblis (niveau 1) jusqu'au potentiel d'extinction fonctionnelle de l'esp\u00e8ce h\u00f4te (niveau 6). L'agrile du fr\u00eane et le puceron lanig\u00e8re de la pruche affichent tous deux le niveau maximal \u2014 un signal clair pour prioriser la surveillance de ces deux ravageurs partout o\u00f9 leurs h\u00f4tes sont pr\u00e9sents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les impacts peuvent \u00eatre sous-estim\u00e9s m\u00eame \u00e0 faible s\u00e9v\u00e9rit\u00e9.<\/strong> Les auteurs soulignent qu'une infestation de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 1 (mortalit\u00e9 d'arbres stress\u00e9s seulement) peut tout de m\u00eame changer significativement la structure et la productivit\u00e9 d'un peuplement : des arbres affaiblis mais vivants perdent leur r\u00f4le fonctionnel dans l'\u00e9cosyst\u00e8me pendant des ann\u00e9es avant de mourir. Il ne faut donc pas se fier uniquement \u00e0 la cote de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 pour \u00e9valuer l'urgence d'intervention. Ces invasions surviennent dans un contexte o\u00f9 les for\u00eats sont d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9es par les s\u00e9cheresses, les \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames et les changements climatiques. Ces conditions affaiblissent les arbres et favorisent la prolif\u00e9ration de ces ravageurs.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les limites de l'exercice \u00e0 garder en t\u00eate. <\/strong>Ce portrait ne mod\u00e9lise ni la dispersion r\u00e9elle des insectes, ni les effets cumulatifs de perturbations combin\u00e9es (s\u00e9cheresse + insectes, par exemple). Les cartes de vuln\u00e9rabilit\u00e9 doivent donc \u00eatre lues comme un point de d\u00e9part pour cibler la surveillance, pas comme une pr\u00e9diction pr\u00e9cise de l'endroit et du moment o\u00f9 une invasion se produira.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 retenir\u00a0\u00a0<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce portrait national offre un outil concret de priorisation : il permet d'identifier rapidement les r\u00e9gions o\u00f9 intensifier la surveillance, o\u00f9 concentrer les efforts de d\u00e9tection pr\u00e9coce, et o\u00f9 la composition en essences m\u00e9rite d'\u00eatre revue en fonction des risques d'invasion \u00e0 venir. Dans un contexte o\u00f9 l'intervention n'est pas possible partout, cette vue d'ensemble aide \u00e0 d\u00e9cider o\u00f9 agir en premier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Pour consulter l'article dans son int\u00e9gralit\u00e9, cliquez sur le lien suivant :\u00a0<\/em><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1139\/cjfr-2025-0328\">https:\/\/doi.org\/10.1139\/cjfr-2025-0328<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Summary\u00a0of: Isabelle Aubin, Amanda Roe, Benjamin Marquis, Laura Boisvert-Marsh, John Pedlar, Sandy Erni, Benoit Hamel, Glenn Lawrence, Dan McKenney, and Taylor Scarr (2026). \u201cVulnerability\u00a0of Canadian\u00a0Forests\u00a0to Invasive Insects under Climate Change,\u201d Canadian Journal of Forest\u00a0Research.\u00a0 The\u00a0mountain\u00a0pine\u00a0beetle, the\u00a0emerald\u00a0ash\u00a0borer, the hemlock\u00a0woolly\u00a0adelgid\u2026 the\u00a0list\u00a0of invasive insects threatening\u00a0Canadian\u00a0forests\u00a0is\u00a0growing, as international\u00a0trade\u00a0facilitates\u00a0long-distance invasions and climate change\u00a0accelerates\u00a0their\u00a0northward\u00a0spread.\u00a0Until\u00a0now,\u00a0most\u00a0risk\u00a0assessments\u00a0have been\u00a0conducted\u00a0on a\u00a0species-by-species\u00a0basis. A\u00a0team\u00a0from\u00a0Natural\u00a0Resources\u00a0Canada\u00a0wanted\u00a0to\u00a0take\u00a0a\u00a0step\u00a0back and produce and integrated [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":11528,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"nf_dc_page":"","footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[101],"tags":[],"class_list":["post-11640","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11640"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11640\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11651,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11640\/revisions\/11651"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11528"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/diverseproject.uqo.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}