Grâce à James Steenberg, chercheur principal en aménagement forestier, et à son équipe dévouée au ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, les chercheurs du projet DIVERSE et des partenaires du secteur forestier se sont réunis en novembre dernier pour une visite inspirante sur le terrain dans des forêts conservées et aménagées de l'est de la Nouvelle-Écosse. L'enthousiasme était palpable lorsque ce groupe, réunissant des scientifiques et des praticiens, a exploré les parcelles de silviculture et participé à des discussions approfondies sur l'avenir des forêts de la Nouvelle-Écosse.

Après une demi-heure de route à l'est d'Halifax, notre groupe s'est entassé dans des camionnettes pour arpenter les chemins forestiers. Arrivés près d'un magnifique lac, nous sommes entrés dans une forêt d'épinettes rouges matures calme et paisible, son sol recouvert de mousse vert pâle. Ce site de St. Margarets Bay, maintenant conservé, a une histoire intéressante : il a subi une éclaircie commerciale en 2002 avant de devenir une aire de conservation suite à des pressions publiques.

En parcourant le site, nous avons remarqué que les arbres de la zone auparavant aménagée étaient plus gros que ceux des parcelles témoins non éclaircies. Cette observation a suscité un dialogue riche entre les participants : qu'est-ce qui rend un site précieux pour la conservation aux yeux du public? La discussion a révélé une possibilité intrigante — que les forêts aménagées de manière réfléchie peuvent devenir des espaces visuellement attrayants que les gens aiment visiter, remettant en question les notions simplistes de la conservation comme le simple fait de laisser la nature « intacte ».
Perturbations dans l'est de la Nouvelle-Écosse
Les forêts de la Nouvelle-Écosse font face à des menaces importantes qui nécessiteront à la fois adaptation et transformation. Lors de nos visites, nous avons observé deux perturbations majeures : les dommages causés par les tempêtes de vent (chablis) et les impacts dévastateurs du puceron lanigère de la pruche.
Vent et phénomènes climatiques extrêmes
Le régime de perturbations dominé par le vent dans la province, amplifié par des événements extrêmes comme la tempête post-tropicale Fiona en 2022, souligne le besoin urgent de mettre en place des essais sylvicoles adaptés à un avenir plus venteux. Au deuxième site de St. Margarets Bay, nous avons constaté que le simple fait d'abattre quelques grands arbres pour créer des trouées dans la forêt avait entraîné d'importants chablis pendant la tempête Fiona. Bien qu'il existe une grande incertitude à ce sujet (la création de trouées n'entraîne pas toujours des chablis), cet exemple a donné lieu à des discussions sur la conception de plantations et de méthodes de récolte capables de résister à des conditions plus venteuses, tout en reconnaissant l'imprévisibilité des perturbations futures.

Le défi du puceron lanigère de la pruche
Sur le site Milton, près de Liverpool, où la gestion sélective est pratiquée depuis 2008, nous avons pu constater les effets du puceron lanigère de la pruche sur les parcelles traitées. Les participants ont appris les options de traitement actuelles : les moyens de lutte chimique offrant un soulagement à court terme et les moyens de lutte biologique pouvant renforcer la résilience à long terme de l'écosystème.
James Steenberg a présenté un concept prometteur encore à l'étude : « La sylviculture pourrait être un outil dans la boîte à outils pour lutter contre le puceron lanigère de la pruche. » Bien que la sylviculture ne sauvera pas directement les pruches du canada, elle pourrait faire le pont entre les interventions chimiques à court terme et le biocontrôle à long terme en éclaircissant les peuplements, en récoltant les arbres les plus affectés et en laissant moins d'arbres à traiter — rendant les traitements plus abordables et gérables.

Étant donné que le puceron causant jusqu'à 95 % de mortalité et a entraîné la défoliation de dizaines de milliers d'hectares aux États-Unis, notre groupe s'est penché sur une question difficile : en traitant et en essayant de sauver ces arbres, nous accrochons-nous à des espèces qui n'ont peut-être pas leur place dans les forêts de demain ? Devrions-nous plutôt nous concentrer sur la transformation des forêts et la migration assistée d'espèces mieux adaptées ? Ces discussions respectueuses mais approfondies ont mis en évidence la complexité des décisions en matière de conservation et l'intérêt de réunir plusieurs points de vue.
Et maintenant? Planifier les sites d'essais DIVERSE
Cette visite sur le terrain a donné un nouvel élan aux projets de sites d'essai DIVERSE en Nouvelle-Écosse. Plusieurs questions clés ont émergé de nos discussions :
Quelles espèces d'arbres sont les mieux adaptées aux conditions futures en Nouvelle-Écosse ?
Que devrions-nous planter pour s'assurer que les forêts puissent se transformer et devenir tolérantes à un large éventail de perturbations imprévisibles?
Comment concilier les objectifs de conservation et la nécessité d'une gestion forestière adaptative ?
Simon Bockstette, chercheur responsable de la production de semis pour la province, a apporté son point de vue génétique et opérationnel à la conversation : « Il faut beaucoup de travail pour mettre en place un projet comme celui-ci. Lorsque vous viendrez me dire que vous êtes prêts pour la plantation enrichie, j'aimerais idéalement avoir une source de semences ou des provenances prêtes pour vous. »

Zach Zimmerman, un ancien étudiant du programme DIVERSE qui travaille désormais avec des partenaires forestiers, était impatient d'étudier les espèces de remplacement : « Ce serait un angle de recherche intéressant : réfléchir à ce qui pourrait remplacer la pruche dans les zones riveraines ici ? »

La volonté de tous les participant-e-s – des forestiers gouvernementaux aux chercheurs universitaires en passant par les partenaires forestiers – de collaborer à des essais sylvicoles incluant des espèces adaptées aux conditions futures de la Nouvelle-Écosse illustre bien l'esprit du projet DIVERSE. Ensemble, cette coalition est prête à relever les défis complexes auxquels sont confrontées les forêts de la Nouvelle-Écosse grâce à la science, le respect et un enthousiasme partagé pour la création d'écosystèmes forestiers résilients.




