En longeant les rives du magnifique lac Supérieur, les coordinatrices du projet DIVERSE ont été frappées par les imposants pins blancs qui se dressaient fièrement, surpassant le reste de la forêt environnante. Arrivant de d'autres provinces que l’Ontario, nous nous sommes surprises à observer attentivement l’évolution du paysage autour de nous; il ne faudrait pas longtemps avant de constater à quel point celui-ci pouvait changer. Nous avons commencé notre périple à Sault-Sainte-Marie, où plusieurs membres de l'équipe de recherche du projet DIVERSE se sont retrouvés pour entreprendre un voyage en voiture à la découverte de deux de nos sites de recherche dans le nord de l’Ontario. 

Chippewa Falls, où les pins blancs, si caractéristiques, dominent le reste de la canopée forestière.
Magnifiques vues sur le lac Supérieur et la forêt environnante pendant notre trajet vers White River.

Après avoir fait le tour du lac Supérieur, nous avons pris la direction du nord, et le paysage autour de nous est progressivement passé de forêts denses abritant de nombreuses espèces d’arbres à des peuplements plus homogènes d’épinettes noires. Ces mêmes pins blancs qui nous avaient accueillis lors de la première partie de notre voyage avaient désormais disparu. Nous avons remarqué à quel point, en seulement quatre heures de route, les types de forêts avaient changé de manière flagrante : cela nous a rappelé à juste titre l’importance de choisir des sites de recherche couvrant plusieurs écorégions à travers le pays. Il existe une telle diversité, même au sein d’une seule province, sans parler de l’ensemble du pays. À la fin de notre trajet, nous sommes arrivés à White River, en Ontario, où nous allions passer les deux prochaines nuits (et pour l’anecdote : c’est à White River qu’a vécu l’ourson qui a inspiré Winnie l’Ourson !). 

Notre première visite sur le terrain nous a menés au site de traitement sylvicole DIVERSE de White River (pour en savoir plus sur nos essais sylvicoles, cliquez ici). Ce site a été reboisé quelques semaines seulement après notre visite sur place et il constitue désormais le premier traitement sylvicole de DIVERSE. Malgré des pluies intermittentes et l'attention incessante des moustiques et des mouches, cette expérience s'est avérée extrêmement enrichissante, ne serait-ce que pour voir le site lui-même. Après des années de préparation, le fait de le voir de près, à taille réelle, un site DIVERSE a donné une nouvelle dimension à nos recherches. Pour certains membres de notre équipe, il était important de se rendre sur place, car certains n’avaient encore jamais mis les pieds dans une plantation forestière. (Vous souhaitez en savoir plus sur l'installation DIVERSE de White River ? Consultez notre article de blog précédent. ici.

Ci-dessus : Stephen Mayor (OMNR) et Scott Seaman (NFMC) s'entretiennent avec le groupe DIVERSE au sujet du site de White River, à proximité de l'une des zones de traitement de coupe à blanc.

Lorsque nous planifions des visites sur le terrain, nous visitons aussi les installations de recherche issues d'autres projets que le nôtre. Cela permet d'apprendre des enseignements tirés par d’autres projets au cours de leurs propres processus d'installation. Après avoir visité notre site de White River, nous nous sommes ainsi rendus sur le site d’une expérience en chambres ouvertes. Il ne s’agissait pas d’un site DIVERSE, mais d’une recherche déjà en place impliquant plusieurs nouvelles espèces et de la migration assistée (le déplacement délibéré d’espèces d’arbres ou de sources de semences vers des zones mieux adaptées aux conditions climatiques futures). L’une de nos doctorantes, Charlotte Grieve, avait participé à la mise en place de ce site il y a plusieurs années ! Ce fut pour elle un moment particulier de revenir sur place et de constater à quel point les arbres qu’elle avait aidé à planter avaient poussé depuis. 

Ci-dessus : Charlotte Grieve, doctorante au sein du thème 3, observe une parcelle expérimentale à chambre ouverte qu’elle a contribué à mettre en place plusieurs années avant de rejoindre le projet DIVERSE. 

Lors de notre deuxième journée d’excursion, nous avons roulé plus d’une heure pour rejoindre un autre site du projet DIVERSE dans la forêt de Pic. Une fois encore, nous avons pu observer le paysage changer autour de nous au fil du trajet. L'exploitation forestière étant planifiée à la fin de l'été 2026, les peuplements étaient encore luxuriants et denses à notre arrivée. Nous avons été frappés par la mousse épaisse qui recouvrait tout le sol de la forêt, donnant l'impression de marcher sur un nuage moelleux. Cette mousse allait-elle repousser après la mise en place des traitements de coupes partielles et de coupes à blanc ? À quoi ressemblerait le paysage, ne serait-ce qu'un an après la mise en place des traitements ? 

Ci-dessus : le site qui fera l'objet d'une exploitation à l'été 2026 pour devenir le site de sylviculture de Pic. 

Dans l'ensemble, notre groupe a quitté cette visite plein d'énergie et impatient de voir le reste de nos traitements sylvicoles prendre forme. Si vous envisagez vous-même de mener une expérience similaire, voici quelques conseils tirés de notre expérience : 

  • Soyez particulièrement précis et définissez à l'avance avec le contracteur de quelle manière doivent être faits la récolte partielle (conservation d'une partie des arbres plutôt qu'une coupe à blanc), la gestion des résidus de coupe (déblayage des débris ligneux laissés après l'abattage) ou tout autre traitement expérimental. Dans la mesure du possible, soyez présent sur place lors de la mise en œuvre des traitements afin d'en assurer le suivi. 
  • Prévoyez bien à l'avance l'achat ou la culture de semis, car les espèces atypiques pour votre région peuvent être difficiles à se procurer. Contactez les pépiniéristes et fournisseurs de graines locaux, le Centre national des graines forestières, l’Association pour la conservation des gènes forestiers, etc., tout en coordonnant avec d’autres groupes DIVERSE qui pourraient mener des actions similaires. Dans certains cas, vous devrez peut-être récolter vous-même les graines, ce qui peut dépendre de la saison, du lieu et d’un calendrier précis. 
  • Prévoyez plusieurs options au cas où votre plan A ne se déroulerait pas comme prévu. 
  • L’union fait la force. Assurez-vous de coordonner vos efforts avec le ministère des Forêts de votre région, les Premières Nations et les autres acteurs qui soutiennent le projet. Commencez dès que possible à tisser ces liens. 

Au final, ce voyage était une version à petite échelle de ce que représente DIVERSE : un rappel qu’aucun site, ni même aucune province, ne peut à lui seul refléter toute la diversité des forêts canadiennes – et c’est précisément pour cette raison que notre travail doit toutes les inclure. Restez à l'affût pour suivre l'actualité de nos autres installations sylvicoles : ces premiers sites que nous avons visités ne sont que deux parmi tant d'autres à venir à travers le Canada ! 

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